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Le blog de laurentfly

parapentiste Breton, je partage mes vols tout partout

J'ai bouffé mon ticket de sortie

Publié le 1 Mai 2013 par laurentfly

Dimanche 28 avril

J'ai gâché une superbe occase de faire un beau vol. Ce que je raconte dans cet article n'est pas une justification ou un méa-culpa mais ça m'aide à analyser mes erreurs et mon inadéquation pilotage/ambition (à froid, parce qu' à chaud je suis imbuvable).

De l'importance des prévisions

Depuis vendredi je suivais l'évolution des prévisions entre St Marc d' Ouilly et le Menez. ça ce présentait plutôt bien à St Marc avec un bémol, le peu de vent qui y est annoncé. A nouveau mon croisement des prévisions entre Météociel, sondage GFS, Windguru et RASP a été probant.

Je pars sur: vent faible 12/15 Km/h de NE en milieu de matinée avec un ciel voilé mais très localisé sur l'arrière pays de Caen partout ailleurs un ciel dégagé avec un plafond à 1100m matérialisé par des cums. Une incertitude, la convection, vu que le gradient est faible (8°C le matin et 12°C attendu l'après midi). L'après midi le vent devrait tomber et tourner vers le NO avec du NNO faible vers 14/15h, ciel dégagé et un plafond vers 1200m en local pouvant atteindre 1500m plus en retrait. Les prévisions étaient bonnes, il fallait seulement savoir en profiter.

20130428 104313 10h45, ça vole déjà bien et bien que e ciel soit voilé on distingue un signe d'activité convective avec des cums. Au loin le ciel redevient bleu. 

De l'importance d' être à l'heure

Décision est prise dès samedi soir de tenter St Marc. De plus, sur site, les Baffeurs se sont rabattus en Normandie pour raison de météo pourrie dans les Alpes. Je prévois de partir à 8h de Lamballe histoire d'être à 10h30 sur site. Le temps de voir l'évolution des conditions, de me mettre dans le bain après plus de 2h de route et ça devrait le faire... et pourtant.

Dans les faits. Je pars à 8h30, quand j'arrive à Clécy il est 10h45, j' appelle Jean No qui me dis que le bal viens de commencer. JB, Sylvain Patrice et Alain ont décollés et c'est pas trop mal. Je viens de rouler, ça ne fait que commencer, pas de crosseurs Normands cité en train de thermiquer, j'ai le temps. J'arrive au déco et c'est conforme à mes attentes. Des petits cums sous un ciel bien voilé mais que localement, et des ailes qui se font gentillement ballottées dans des thermiques désorganisés du matin. Rien de spécial, AH SI !!! Une belle rue de cums qui part de Berjou et qui s'enfonce dans le bleu.                                                                               Deux trois mots avec les Baffeurs, Sylvain vient poser et on discute des conditions. C'est thermique à souhait et il est venu poser pour prendre son GPS et partir en cross. Je suis content à l'idée de ne pas crosser seul quand de plus sur une journée comme celle-là il n'y a aucun Locaux. En arrière plan, JB vol toujours,monte vers 400/500m sans sortir vraiment donc pas d' urgence.

De l'importance d'être dans sa bulle

Pas question de décoller tête baissée, j'en profite de regarder Sylvain sur le site. Je suis surpris de le voir commencer à enrouler de l'autre côté de la ligne HT.D'accord le vent commence déjà à être N mais de là à s'appuyer sur une pente exposée NNO... il ne recule devant rien ces jeunes. moi qui pensais avec mes à prioris de vieux que sur ce site NE, s'appuyer à droite du déco s'était déjà limite, mes  à prioris en ont pris un coup.  A rester à l'observer, faire des commentaires et gérer des futilités d'intendance je l'entends annoncer: "je suis au plaf à 1000m, je pars en cross!". Il fini près de 7h plus tard à 120Km au sud de Laval. Content pour lui mais je ne suis toujours pas dans ma bulle, la vie est belle, pars devant je te rejoindrais je pense même. Pour complèter le tableau arrivent Bruno,son fils Léo, Thibeault et adrien.Ils ont le couteau dans les dents.Il est 11h30 et d'entendre un plaf à 1000m quand ils roulent encore les a boostés. Et ça ne m'interpelle pas plus que ça, je devrais déjà être en vol et au lieu de ça je compte sur l'idée de voler en groupe avec eux. 

De l'importance du placement.

Finalement je vole une première fois lors d'un petit cycle, sans sortir et j'en profite pour revenir au déco vue que personne ne sort. Pour moi ça a été l'occasion de tester mon acceptation à me faire branler dans la pente. J'en ressors une analyse, que Sylvain a pris le bon créneau avec du vent léger mais dans un ciel gris, alors que nous on va devoir batailler dans les premiers thermiques mais pour voler dans un ciel plus généreux. 

Quand je redécolle le cycle à l'air sympa mais je n'arrive pas à anticiper passage à l'ombre et reprise de cycle,ce qui me coûtera ma journée. Au lieu de ça je passe une 1/2h à faire le yo-yo entouré de 3 IcePeak et une Peak qui se jettent sur la moindre bulle qui est immédiatement mise à profit par un enroulage plume dans plume. J'en perds mon sens de la dérive avec parfois l'impression d'enrouler les bulles soi devant soi derrière celles-çi. Si Bruno me voit enrouler il va encore trouver que j'enroule carré, il n'a pas faux mais là ça bataille ferme. Sur l'éperon du Ham à gauche du site, Bruno suit la dérive depuis très bas mais fini par accrocher le plaf', reste Léo,Adrien,Thibeault et moi. On tatonne dans la pente en attendant d'autres cycles tout mous.

Je cherche à me recentrer sur l'évolution aérologique: on passe à l'ombre, ça vient de sortir NNO mais ça ne donne plus vers la ligne HT,les birroutes sont franchement NO et si les thermiques déclenchent ilsn'auront pas de dérive voir ils restent devant. Egarré dans ces pensées je m'enfonce tout doux dans la pente à essayer de voir où ça va repartir. Léo zérote lui aussi alos que Adrien et Thibeault zérote mais au dessus du relief. Quand je me sens écrasé un réflexe me dit, replace toi ça monte quelque part. Le temps de revenir sous le déco, voir que ce n'est pas là, retourner vers la ligne HT (que je survol une hauteur mini) toujours pas là il ne me reste plus que l'option chercher devant mais je suis trop bas et j'ai la désagréable impression de passer sous la bulle. Quand je pose je regarde immédiatement la pente où je vois Thibeault s'accrocher dans le thermique à gauche du déco (une dernière entrée de NE) enrouler,enrouler et Adrien que j'aperçois en léger retrait du relief comme pour une approche au déco et finalement se mettre à enrouler au dessus du déco.

Fin du bal, ils sont dans le bon thermique et ils partent pour 162Km. Bruno quand à lui termine à Condé/noireau d'avoir voulu dériver pour tenter un retour à Avranches en l'air.

De l'importance de ne pas douter

A ce stade il n'y a eu que 5 bons de sortie. Pas dramatique, en somme mais j' ai pris un bon coup sur la cafetière, le mal est fait.

De retour au déco je n'ai pas digérer mes erreurs et je cherche à me concentrer sur 2 points: les cycles et décoller avant que le vent ne passe trop NO. L'ambiance est légère,personne n'y crois trop et beaucoup ont l'impression que la journée est finie. Plus de vent météo, le peu de vent s'oriente NNO voir NO et moi là dedans je suis le seul (avec léo) à y croire encore. SI, deux autres locaux y croient, Phiphi et Serge et ça, ça ne trompe pas. Seulement je raterai le dernier train par manque de sérénité. En fait, je sens la bulle, je gonfle m'aperçois que c'est un peu NO donc j'hésite à y aller (à gauche, à droite ?) j'affale, Phiphi en profite. Lui ne doute pas, s'avance sur la gauche du déco et enroule presque directement. Mon aile s'est affalée n'importe n'a ouak, le temps de la ré-étaler et de m' exciter dans le rouleau je décolle derrière la bulle et... Fléchette. A nouveau, je vois une IcePeak s'envoler pour 80Km.

Si c'est pas dommage. Mais à ce stade de toute façon j'avais perdu ma lucidité et je n'aurais pas été bon,trop nerveux alors qu'il semblait falloir être doux dans les premiers thermiques.

A cette heure les prévisions sont indécises, surement un gros anticyclone qui va s'installer ce week-end, mais peut-être une journée avant ou après (vendredi ou mardi) où j'espère me venger. Par contre, je vais créer ma bulle et ne pas en sortir        

 

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